Les modes de transport pour l’export de ferraille
Publié le 17/09/2026 par Céline Viron

Il existe plusieurs schémas logistiques pour acheminer et expédier les métaux issus du recyclage. Le bon choix dépend du volume du lot, du rythme de la collecte, du niveau de préparation des matériaux et du débouché final. Entre collecte routière, massification sur quai et cabotage maritime, chaque solution remplit un rôle précis dans la chaîne de valeur du recyclage.
Au port de commerce de Rochefort, cette réflexion est centrée sur une filière 100 % export qui représente 150 000 tonnes traitées en 2025, soit 26 % de l’activité globale du complexe Rochefort–Tonnay-Charente.
À retenir
- La ferraille nécessite une articulation logistique rigoureuse entre la collecte régionale et l’expédition internationale.
- Le transport routier intervient en amont pour capter le gisement sur les sites de démolition et les centres de tri.
- Le transport maritime s’impose dès qu’il s’agit d’exporter des volumes massifiés vers les fonderies d’Espagne, du Portugal et du Maroc, mais aussi de la France (Bayonne).
- L’arbitrage logistique se fait sur le coût complet au tonne-kilomètre, la rapidité de manutention et la limitation des coûts d’escale.
- Le port de commerce de Rochefort offre l’accès nautique et les tarifs de passage portuaire les plus compétitifs de la façade atlantique pour le négoce de métaux.
Pourquoi l’export de ferraille exige une combinaison de transports ?
La filière du recyclage de métaux rassemble des produits variés : chutes industrielles, démolition, broyats, tournures ou qualités HMS 1/2. Tous ces lots ne sont pas générés au même endroit ni au même rythme.
Certaines marchandises proviennent de chantiers ou de centres de tri régionaux en Nouvelle-Aquitaine ou en Centre-Val de Loire. D’autres sont déjà conditionnées pour un départ massif. L’enjeu pour le négociant en ferraille n’est pas d’opposer la route et la mer, mais de structurer un schéma multimodal fluide où la route collecte et où le navire évacue à moindre coût vers l’international.
La place du transport routier : un maillon de collecte en amont
Le transport routier de ferraille intervient très en amont dans la chaîne. Sa souplesse est indispensable pour assurer les enlèvements auprès des usines et des déchetteries industrielles.
C’est le maillon de pré-acheminement vers les 30 000 m² de terre-pleins du port de Rochefort, dont 5 000 m2 réservés à la ferraille. Cependant, sur les longues distances internationales, le tout-routier devient rapidement anti-économique et saturé pour les vracs ferreux.
Pourquoi le cabotage maritime est le mode clé pour l’exportation ?
Dès que le flux se massifie pour répondre aux commandes des aciéries d’Europe du Sud ou d’Afrique du Nord, le transport maritime de ferraille devient la seule option compétitive.
- Réduction du coût à la tonne : charger un navire de vrac sec (coasters jusqu’à 120 m de long) permet d’évacuer plusieurs milliers de tonnes en une seule escale.
- Compétitivité prix : en passant par le port de Rochefort, les négociants bénéficient des tarifs de manutention et de droits de port les plus bas de la côte atlantique.
- Adaptabilité nautique : l’écluse pouvant accueilir des navires de 120 m × 16,5 m et le tirant d’eau de 6,50 m permettent d’accueillir des navires parfaitement adaptés au cabotage vers l’Espagne, le Portugal, le Maroc et la France.
Pour en savoir plus sur l’infrastructure
Choisir le bon schéma logistique au port de Rochefort
L’arbitrage entre les modes de transport repose sur une analyse concrète des flux :
- Volume et densité du lot : la ferraille lourde ou compactée valorise immédiatement la capacité de cale des navires.
- Fréquence et cadence : l’accumulation de stocks sur les terre-pleins du port permet de constituer les lots avant l’arrivée du navire.
- Moyens de manutention : l’utilisation de grues mobiles de 40 tonnes équipées de grappins accélère le chargement et évite les surestaries.
Questions fréquentes sur les modes de transport
- Le transport routier est-il suffisant pour exporter de la ferraille ?
Non, la route sert principalement à la collecte régionale. Pour livrer les fonderies d’Espagne, du Portugal, de France ou du Maroc, le cabotage maritime est indispensable pour préserver la marge du négociant. - Quels sont les navires utilisés pour l’export de ferraille à Rochefort ?
Le port accueille des navires vraquiers de cabotage (coasters) jusqu’à 120 mètres de longueur et 16,50 mètres de large, et 6,50 mètres de tirant d’eau. - Comment optimiser les coûts entre la route et le navire ?
En regroupant la marchandise sur les terre-pleins portuaires de Rochefort pour préparer des chargements complets, permettant de bénéficier de tarifs compétitifs.